Here is the transcript of the video, organized into a table with sections, original French text preserved, and an English translation added.
My apologies for the language mistake. Here is the corrected table with two columns (original French + English translation), with section titles and speaker labels included directly in the text.
| French Transcript (Original) | English Translation |
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| [Intro] Journalist: L’intelligence artificielle pour les entreprises. Bonjour et bienvenue. Nous avons l’honneur et le plaisir d’accueillir aujourd’hui Mick Lévi, directeur de la stratégie de l’innovation chez Orange. Bonjour Mick. Mick Lévi: Bonjour. Bienvenue dans cette émission. Merci de l’accueil. Je suis ravi d’être là. | Journalist: Artificial intelligence for businesses. Hello and welcome. We have the honor and pleasure of welcoming today Mick Lévi, Director of Innovation Strategy at Orange. Hello, Mick. Mick Lévi: Hello. Thank you for having me on the show. I’m delighted to be here. |
| [Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? / What is artificial intelligence?] Journalist: Alors, on parle beaucoup d’intelligence artificielle notamment pour les entreprises. Euh d’abord, est-ce qu’on peut pour bien comprendre qu’est-ce que c’est que l’intelligence artificielle ? Mick Lévi: Alors oui, c’est un gros sujet. Ouais. Moi ça fait 25 ans que je baigne dedans et la dernière fois que j’ai raconté ça à une conférence, on m’a dit «escroc, ça n’existe pas depuis 25 ans». Chat GPT est sorti il y a à peine 2 ans. Alors effectivement depuis la sortie de chat GPT, on a tendance à croire que l’IA se résume à chat GPT et parfois ça devient limite un mot valise, tu sais comme Frigidaire, comme Karcher. Non en fait l’IA, tous les concepts ont été inventés dans les années 40. Le terme d’intelligence artificielle a été accepté, on va dire, par la communauté en 1956 lors d’une fameuse conférence qui s’est tenue à Dartmouth et puis ça fait une grosse vingtaine d’années que finalement les entreprises font de l’IA, parfois sans le savoir, mais en tout cas, il y a pas un seul clic qu’on fait sur internet depuis 20 ans sans que ça déclenche un algorithme. Tu as pas une seule déclaration aux impôts, tu as pas une seule commande de billet de train ou d’avion sans que derrière il y ait de l’IA, pas un seul paiement réalisé avec tes cartes ou autres sans qu’il y ait de l’IA qui se cache derrière. | Journalist: So, we talk a lot about artificial intelligence, especially for businesses. First, to properly understand, what is artificial intelligence? Mick Lévi: Well yes, it’s a big subject. I’ve been immersed in it for 25 years, and the last time I told that story at a conference, someone called me a fraud, saying «it hasn’t existed for 25 years.» ChatGPT came out barely 2 years ago. Indeed, since the release of ChatGPT, we tend to believe that AI is just ChatGPT, and sometimes it becomes almost a catch-all word, you know, like Frigidaire, like Karcher. No, in fact, all AI concepts were invented in the 40s. The term artificial intelligence was accepted, let’s say, by the community in 1956 during a famous conference held at Dartmouth. And for a good twenty years now, companies have been using AI, sometimes without knowing it. But in any case, there hasn’t been a single click on the internet for 20 years without triggering an algorithm. You haven’t filed a single tax return, bought a single train or plane ticket without AI behind it, or made a single payment with your cards without AI hiding behind it. |
| [Qu’elle est l’IA qui nous est inconnue ? / What is the AI we don’t know?] Journalist: Alors justement, qu’est-ce que c’est que cette IA qu’on ne connaissait pas quand on prend un billet de train par exemple ? Mick Lévi: Alors exactement ce qui se passe en fait c’est que on a tendance depuis 2 ans à se dire que l’IA c’est l’IA générative et donc CHAT GPT mais en fait on pourrait dire qu’il y a trois grandes phases d’IA. Depuis une grosse vingtaine d’années, on a des algorithmes qui peuvent être utilisés pour faire du descriptif, du prédictif et du prescriptif. Et on va prendre des situations complexes de l’entreprise et parvenir par la data à bien modéliser cette situation, prédire qu’est-ce qui va arriver et pourquoi pas prescrire une nouvelle action. Typiquement tous les moteurs de recommandation qu’on a vu fleurir sur internet et qu’on peut utiliser aussi dans l’entreprise pour proposer un nouveau produit ou pour arriver à comprendre quels sont les clients qui vont partir à la concurrence. Donc ça déjà c’est tous ces sujets-là, ça fait 20 ans que ça existe et c’est de l’IA et les entreprises pionnières se sont déjà beaucoup servies depuis une grosse dizaine d’années. Euh il y a l’IA qu’on pourrait appeler perceptive, celle qui va savoir interpréter des images, du texte, de la vidéo, qui permet par exemple de faire des contrôles qualité automatisés sur des chaînes de production, euh qui permet d’interpréter automatiquement une vidéo ou de catégoriser du texte. On peut par exemple prendre toutes les fiches produits pour dans l’e-commerce et parvenir à les affecter directement à la bonne catégorie produit par de l’IA. Et puis depuis 2 ans, un peu plus maintenant, on a ces IA génératives et la grande différence c’est que jusque là l’IA était omniprésente mais silencieuse et que là d’un coup elle devient tonitruante. Elle nous parle, elle crée, elle s’exprime, elle semble nous concurrencer finalement sur parfois ce qui semble nous rendre le plus humain. Et c’est ça qui est très troublant avec l’IA générative qu’on connaît donc depuis la sortie de chat GPT. | Journalist: So, specifically, what is this AI that we didn’t know about when buying a train ticket, for example? Mick Lévi: Exactly what’s happening is that for the past 2 years, we’ve tended to think that AI is generative AI and therefore ChatGPT. But in fact, we could say there are three major phases of AI. For a good twenty years, we’ve had algorithms that can be used for descriptive, predictive, and prescriptive tasks. We take complex business situations and, through data, succeed in modeling that situation, predicting what will happen, and possibly prescribing a new action. Typically, all the recommendation engines we saw bloom on the internet, which can also be used in the company to offer a new product or to understand which customers are likely to leave for the competition. So that’s all those topics; they’ve existed for 20 years, and it’s AI. Pioneer companies have already made extensive use of it for a good ten years. There is what we could call perceptive AI, which knows how to interpret images, text, video, which allows, for example, automated quality control on production lines, automatically interpreting a video or categorizing text. For example, you could take all the product sheets for e-commerce and manage to assign them directly to the right product category using AI. And then for 2 years, a bit more now, we have these generative AIs. The big difference is that until now, AI was omnipresent but silent, and suddenly it becomes thunderous. It speaks to us, it creates, it expresses itself, it seems to compete with us, ultimately, on what sometimes seems to make us most human. And that’s what’s very troubling about generative AI, which we’ve known since the release of ChatGPT. |
| [En quoi l’IA change le monde de l’entreprise ? / How is AI changing the business world?] Journalist: Alors, on effectivement on en parle beaucoup et qu’est-ce que ça peut finalement nous faire changer dans l’entreprise ? Mick Lévi: Alors, dans l’entreprise en fait, c’est en train de bousculer énormément de choses. D’abord, il faut que les entreprises prennent conscience que l’IA arrive dans l’entreprise qu’elle le veuille ou non. massivement li arrive dans les entreprises finalement par les collaborateurs et par ce qu’on appelle le shadow AI, c’est-à-dire des collaborateurs dans l’entreprise qui utilise des I grand public GPT mais aussi éventuellement Claude peut-être Gemini de Google peut-être midjourney pour faire des images et qui utilise ces IA grand public dans le cadre de l’entreprise sur des processus de l’entreprise. D’accord ? Et donc ça fait que ça va changer les habitudes de travail mais sans que l’entreprise finalement le maîtrise vraiment. Et ça fait courir un grand risque à l’entreprise qui est donc celui du shadow AI autour des pertes de données. C’est-à-dire à chaque fois qu’on va échanger avec ces IA grand public, les données elles deviennent personnell alors elles deviennent pas complètement publiques quand même mais elles sont récupérées par les fournisseurs de ces IA pour continuer d’entraîner leurs algorithmes. Donc elles peuvent être ensuite révélées par la suite dans les futures requêtes éventuellement même pardon éventuellement même des entreprises concurrentes. Donc faut être très prudent quand quant à ça et du coup se saisir forcément de ce sujet de l’IA parce que sinon c’est les collaborateurs qui viennent avec et qui risque de faire en plus des bêtises au nom de l’entreprise en les utilisant mal. | Journalist: So, we indeed talk about it a lot, and what changes can it finally bring about in the company? Mick Lévi: Well, in the company, it’s actually shaking up a lot of things. First, companies need to realize that AI is arriving in the company, whether they want it or not, massively. It arrives in companies ultimately through employees and through what is called shadow AI, that is, employees in the company who use mainstream AIs (ChatGPT but also possibly Claude, maybe Google’s Gemini, maybe Midjourney to make images) and who use these mainstream AIs within the company on company processes. Right? And so this will change work habits but without the company really having control over it. And this runs a major risk for the company, which is that of shadow AI concerning data loss. That is, each time we interact with these mainstream AIs, the data becomes personal… well, it doesn’t become completely public, but it is recovered by the providers of these AIs to continue training their algorithms. So it could subsequently be revealed in future queries, possibly even from competing companies. So you have to be very careful about that and therefore necessarily seize upon this AI subject, because otherwise it’s the employees who come with it and who also risk making mistakes in the company’s name by using them poorly. |
| [Qu’est-ce que l’hallucination des IA / What is AI hallucination?] Journalist: hallucination des IA Ah je je suis content que tu ai accroché sur le terme Mick Lévi: alors les IA génératives en fait peuvent dire des bêtises. Une IA fonctionne uniquement de façon statistique et finalement recrée des corrélations entre toutes les données qu’elle a ingurgité. Chat GPT, on sait qu’elle en a ingurgité énormément et des fois quand elle nous répond, elle va pas prendre le bon chemin et finalement elle va nous elle va nous répondre des absurdités. Elle peut inventer des faits, elle peut inventer des personnages, elle peut inventer des choses qui n’ont jamais existé parce qu’on lui a dit en fait parce que elle a pris des données qui viennent de partout qui parfois sont contradictoires, qui parfois sont fausses et qui parfois euh dans ces chemins statistiques si tu veux l’amènent à pas dire la la bonne chose. Une IA générative, elle est pas faite pour dire la vérité, ce qui renverrait d’ailleurs à des considérations philosophiques un peu complexes. Qu’est-ce que la vérité et tout. Bon bref, en tout cas, elle est pas faite pour répondre juste. L’homme ne l’a pas trouvé la vérité. on en parlera dans un autre épisode. Donc elle est pas faite pour répondre juste, elle est faite pour répondre de façon plausible à toutes tes questions et même si elle sait pas, elle va pouvoir inventer parfois. Et donc ça ça va faire courir des risques dans l’entreprise parce que si des collaborateurs l’utilisent, ne prennent pas le recul de savoir se dire est-ce que c’est juste, est-ce que c’est pas juste, est-ce que c’est vraiment l’idée qu’on veut véhiculer dans l’entreprise ou pas ? Et ben on va pouvoir véhiculer des messages dans l’entreprise qui vont être faux et amener du coup des problèmes en cascade derrière. | Journalist: AI hallucination. Ah, I’m glad you picked up on that term. Mick Lévi: Generative AIs can actually say nonsense. An AI works only statistically and ultimately recreates correlations between all the data it has ingested. We know ChatGPT has ingested a huge amount, and sometimes when it answers us, it won’t take the right path and will end up giving us absurdities. It can invent facts, it can invent characters, it can invent things that never existed because it has taken data that comes from everywhere, that is sometimes contradictory, sometimes false, and that sometimes, in these statistical paths, leads it to not say the right thing. A generative AI is not made to tell the truth, which would also lead to somewhat complex philosophical considerations. What is truth? Anyway, in any case, it’s not made to answer correctly. Man hasn’t found the truth. We’ll talk about that in another episode. So it’s not made to answer correctly, it’s made to answer plausibly to all your questions, and even if it doesn’t know, it can sometimes invent. And so this will create risks in the company because if employees use it, don’t take a step back to ask themselves if it’s right or wrong, if it’s really the idea we want to convey in the company or not, then we will be able to convey messages in the company that will be false and consequently cause cascading problems. |
| [l’IA va limiter l’art ? / Will AI limit art?] Journalist: un autre risque, on on a reçu récemment une avocate sur les droits d’auteur et et finalement la la question que je me posais c’est est-ce que nous n’allons pas limiter euh l’art parce que finalement ça fera mieux que nous et et finalement comme on peut prendre les œuvres qui sont et qui sont spoliées quelque part, est-ce que ça va pas limiter les artistes de faire des œuvres un peu différentes ? Mick Lévi: Bon, déjà c’est une grande question pour toutes les entreprises qui ont beaucoup de propriétés intellectuelles ou qui ont une pâte créative particulière. Euh ces IA ont littéralement réalisé le hold-up du siècle, on peut le dire, open AI en premier lieu, mais aussi les Google, mais aussi les euh les meta aucun de ces big tech n’échappe à ça. Ils ont tous aspiré énormément de données euh sans aucun respect ni de la propriété intellectuelle, ni parfois des données personnelles. Je trouve ça véritablement scandaleux. On l’ pas vu venir en fait. Ça pose énormément de questions d’éthique aussi que vous avez dû certainement voir avec l’avocate. Quant à la créativité, moi j’y crois pas. Euh je pense que ça va être un formidable outil de créativité. On a déjà eu cette peur au moment de l’arrivée de de Photoshop. On a déjà eu cette peur au moment de l’arrivée de l’appareil photo. Il y a déjà eu toutes ces questions en se disant «Mais non mais le vrai art c’est la peinture et puis on va perdre cet art là parce que la photo, elle permet de capter le réel. donc plus aucun intérêt de faire de la peinture.» Non, on enrichit juste avec de nouveaux outils qui amènent une nouvelle manière d’être créatif qui démocratise aussi cette capacité des créatifs. Et là, il y a des vrais artistes qui sont en train d’émerger et qui font de l’art uniquement par l’IA. Est-ce que ça sera un art noble ? Je n’en sais rien, je n’en suis pas sûr. Il y a des grandes discussions sur le sujet, on verra dans le temps. Mais moi, je suis pas inquiet sur euh le fait de cette créativité. Il y a une jolie phrase tiens de Mano Soli, tu sais le pianiste musicien Jazz, il dit «L’IA ne sera jamais créative tant qu’elle n’aura pas connu un chagrin d’amour.» Et je trouve que tout est dit. C’est-à-dire que oui, l’IA peut reproduire de la créativité, peut amener une forme de créativité, mais ça sera jamais une créativité émotionnelle. Ça ne peut pas tel que nous on l’entend au sens noble et humain du terme. | Journalist: Another risk. We recently had a lawyer on about copyright, and the question I was asking myself was, aren’t we going to limit art? Because ultimately it will do better than us, and since we can take works that are somehow plundered, won’t that limit artists from making somewhat different works? Mick Lévi: Well, this is already a big question for all companies that have a lot of intellectual property or have a particular creative flair. These AIs have literally pulled off the heist of the century, we can say that, OpenAI first and foremost, but also Google, also Meta, none of these big tech companies escape this. They all sucked up enormous amounts of data with no respect for intellectual property, nor sometimes for personal data. I find it truly scandalous. We didn’t see it coming, really. It also raises a lot of ethical questions, which you certainly discussed with the lawyer. As for creativity, I don’t believe that. I think it’s going to be a tremendous tool for creativity. We already had that fear when Photoshop arrived. We already had that fear when the camera arrived. There were already all these questions, thinking «But real art is painting, and we’re going to lose that art because photography captures reality, so there’s no point in painting anymore.» No, we just enrich with new tools that bring a new way of being creative, which also democratizes this capacity of creatives. And now, there are real artists who are emerging who make art solely through AI. Will it be a noble art? I don’t know, I’m not sure. There are big discussions on the subject, we’ll see in time. But I’m not worried about this creativity. There’s a nice saying by Mano Soli, the jazz pianist musician, he says «AI will never be creative until it has experienced heartbreak.» And I think that says it all. That is, yes, AI can reproduce creativity, can bring a form of creativity, but it will never be emotional creativity. It can’t, as we understand it in the noble and human sense of the term. |
| [Qu’elle est l’utilité des IA pour les entreprises ? / What is the usefulness of AI for businesses?] Journalist: Vous éclairer euh sur les les opportunités, j’aimerais revenir. Euh une entreprise aujourd’hui, quelle quelle opportunité elle peut avoir de se saisir de l’IA tout de suite ? Où est-ce qu’elle doit attendre finalement ? Mick Lévi: Alors non, il faut il faut y aller. Il y a urgence notamment à cause du shadow AI comme je le disais. Donc il faut vraiment qu’elle s’en saisissent. Il faut avoir aussi en tête que les jeunes utilisent énormément l’IA. Les étudiants, il y a eu un sondage ifop qui a montré que plus de 90% des étudiants utilisent l’IA au quotidien dans leurs études. C’est leur outil comme moi, ma génération, Excel n’a pas été une question ou l’utilisation d’internet n’a pas été une question quand j’arrive dans l’entreprise. Résultat des courses, les étudiants quand ils vont arriver dans l’entreprise sur leur dit il y a pas di ça nous fera le même effet qu’à moi si on m’avait dit il y a pas internet ou à d’autres si on leur avait dit ah non nous Excel non non c’est pas bien la calculette c’est quand même vachement mieux. Alors c’est bien, c’est pas bien, je n’en sais rien, mais c’est ainsi. 90% des étudiants utilisent l’IA au quotidien. Donc quand ils vont arriver dans l’entreprise, s’ils l’ont pas, ça va créer un énorme problème. C’est littéralement les habitudes de travail qui sont en train qui sont en train d’arriver. Ensuite, quelles opportunités ? Il faut se dire, il y a vraiment deux deux pans finalement d’opportunités pour l’entreprise. Le premier, c’est celui des des usages de l’IA que moi je qualifie du quotidien. C’est ce le fait d’être assisté par l’IA au quotidien. Peut-être pour faire des mails, peut-être pour mieux organiser son agenda, peut-être pour brainstormer ou avoir un sparring partner avec lequel on puisse échanger, peut-être pour accéder à de l’information. Bref, à chacun de voir, mais il va falloir donner à chacun les nouveaux pouvoirs finalement de l’IA grâce à des outils comme chat GPT. Mais encore une fois, je le dis, il faut le penser sécuriser dans l’entreprise. Il y a des moyens de le faire, on pourra en parler. Mais en tout cas, va falloir ouvrir cette possibilité de travail pour chacun et à la clé, si tout se passe bien, des gains de productivité qui sont permis du coup par chaque personne qui aura ce nouveau superpouvoir. Mais il y a un deuxième pan qui me semble encore beaucoup plus intéressant qui est celui de créer de la valeur pour l’entreprise qui va être celui de mettre en place des algorithmes, des cas d’usage au cœur des processus de l’entreprise pour pas seulement que chaque personne soit plus efficace mais que tout un processus soit plus efficace qu’on puisse créer des nouveaux produits avec de l’IA, qu’on puisse créer des nouveaux services, qu’on puisse embarquer de l’IA dans les produits ou services déjà de l’entreprise. Et là, on va prendre un vrai différentiant parce que si tu t’intéresses qu’au fait de mettre un outil d’IA partout, dans 5 ans, tout le monde fera de l’IA. H retour à la case départ. Aujourd’hui, le fait d’utiliser Excel n’est pas un différentiant pour l’entreprise. Dans 5 ans, dans 10 ans, ça sera la même chose. Donc si l’entreprise vraiment se transformer et vraiment tirer un avantage concurrentiel et durable de l’IA, il faut absolument qu’elle s’intéresse à comment elle met de l’IA pour se transformer, pour transformer ses process, pour créer des nouveaux produits, des nouveaux services, pourquoi pas des nouvelles lignes business, des nouvelles sources de revenus basées sur l’IA. Et là, tu as tu as tu as énormément à faire et il faut se il faut revenir à la créativité aussi de chaque entreprise pour trouver des débouchés qui lui sont spécifique pour prendre avantage concurrentiel. Les les champs paraissent extraordinaires en fait. Ah bah en plus on en est que au début de l’histoire donc c’est sûr qu’il y a déjà beaucoup d’opportunités. Il va encore il y en avoir beaucoup qui vont se développer dans les mois et années qui viennent, c’est certain. | Journalist: To enlighten you on the opportunities, I’d like to come back. A company today, what opportunity does it have to seize AI right away? Or should it wait? Mick Lévi: No, you have to go for it. There’s urgency, notably because of shadow AI as I mentioned. So the company really needs to seize it. We also need to keep in mind that young people use AI enormously. Students – there was an Ifop poll that showed more than 90% of students use AI daily in their studies. It’s their tool, just like for my generation, Excel wasn’t a question, or using the internet wasn’t a question when I arrived in the company. The result is, when students arrive in the company, if we tell them «there’s no AI,» it will have the same effect on them as if someone had told me «there’s no internet» or told others «no, we don’t use Excel, it’s not good, the calculator is much better.» Whether it’s good or bad, I don’t know, but that’s how it is. 90% of students use AI daily. So when they arrive in the company, if they don’t have it, it’s going to create a huge problem. These work habits are literally arriving. Then, what opportunities? You have to realize there are really two areas of opportunity for the company. The first is what I call everyday uses of AI. It’s the fact of being assisted by AI in daily life. Perhaps for writing emails, maybe for better organizing your schedule, maybe for brainstorming or having a sparring partner to exchange with, maybe for accessing information. In short, everyone has to see, but we will have to give everyone the new powers of AI using tools like ChatGPT. But again, I say it, you have to think of it as secure within the company. There are ways to do it, we can talk about that. But in any case, we need to open up this work possibility for everyone, and the result, if all goes well, will be productivity gains enabled by each person who will have this new superpower. But there is a second area that seems even more interesting to me, which is creating value for the company. That means implementing algorithms and use cases at the heart of the company’s processes, not only to make each person more efficient but to make an entire process more efficient, to be able to create new products with AI, to create new services, to embed AI in the company’s existing products or services. And there, you will gain a real differentiator, because if you only focus on putting an AI tool everywhere, in 5 years, everyone will be doing AI. Back to square one. Today, using Excel is not a differentiator for a company. In 5 years, in 10 years, it will be the same thing. So if the company really wants to transform itself and truly gain a sustainable competitive advantage from AI, it absolutely must look at how it uses AI to transform itself, transform its processes, create new products, new services, why not new business lines, new sources of revenue based on AI. And there, you have a lot to do, and you have to return to the creativity of each company to find outlets specific to it to gain a competitive advantage. The fields seem extraordinary, really. Ah well, besides, we’re only at the beginning of the story, so it’s certain there are already many opportunities. There will be many more that will develop in the coming months and years, that’s for sure. |
| [Le métier du cadre va changer ? / Will the job of the manager change?] Journalist: Et juste pour le métier du cadre, ça va changer beaucoup de choses quand même. On a parlé de productivité. C’est la première fois que le cadre quelque part est touché dans une révolution euh technologique. Mick Lévi: Oui. Et ça va changer beaucoup de choses à à tous les niveaux dans les habitudes de travail personnel. On va intégrer un nouvel outil qui va être vraiment pourra vraiment être à nos côtés et nous seconder. Et c’est la première fois d’un point de vue cognitif. Effectivement, c’est ça qui est c’est ça qui est troublant. Euh d’un point de vue du collaboratif dans l’entreprise, ça va changer énormément de choses aussi. Quelques petits exemples pour pour s’en rendre compte. Euh, j’animais récemment une réunion, une cinquantaine de personnes par Teams et puis il y a quelqu’un en tout début de la réunion qui me dit «Mick, désolé, je peux pas rester mais t’inquiète pas, j’ai envoyé mon IA, Copilot de Microsoft en l’occurrence mais mais peu importe, elle me fera un résumé de la réunion et comme ça je pourrais rattraper.» Et là tu te dis waouh c’est et en réfléchissant je me suis dit il a raison si la réunion elle est uniquement descendante s y a 50 personnes devant moi, c’est uniquement descendant ça peut pas être collaboratif en tout cas pas tel que j’ai prévu autant pas venir il va gagner du temps. Donc ça va nous pousser à repenser le le rapport aux réunions au collaboratif. Autre exemple, de plus en plus euh surtout quand il y a des outils qui sont bien développés dans l’entreprise, on va voir des personnes qui vont préférer poser la question à une IA sur un processus de l’entreprise, sur une spécificité produit qu’elle ne connaît pas, sur un point technique du produit que la personne ne maîtrise pas, notamment les juniors, elle préfère en poser la question à l’IA plutôt que d’aller la poser à un de leurs collègues plus senior. Pourquoi ? parce que l’IA va jamais juger. Tu n’auras jamais peur que l’IA te prenne pour un idiot par rapport à la question que tu vas poser. Oui. Ou que le collègue est pas en vie ou que le collègue est pas en vie. Mais ça ça va poser des grandes questions pour l’entreprise parce que il y a ce qu’on appelle la chaîne des savoirs dans l’entreprise et la chaîne de la transmission des savoirs qui quelque part changé. Est-ce qu’elle sera meilleure ou moins bien ? Je ne sais pas. C’est c’est à mon avis c’est pas la question. Mais il faut vraiment avoir conscience qu’elle va se transformer et que beaucoup de processus donc y compris collaboratifs de l’entreprise vont être bousculés aussi par l’IA. Et encore une fois, il faut s’en saisir et ça va être un souci à mon avis des managers, tu l’as dit, mais aussi des RH qui doivent pleinement prendre leur part dans cette transformation du fonctionnement de l’entreprise. | Journalist: And just for the manager profession, it’s going to change a lot of things. We talked about productivity. This is the first time that managers are somehow affected in a technological revolution. Mick Lévi: Yes. And it’s going to change a lot of things at all levels in personal work habits. We’re going to integrate a new tool that will really be able to be by our side and assist us. And it’s the first time from a cognitive point of view. Indeed, that’s what’s troubling. From a collaborative point of view within the company, it’s going to change a lot of things too. A few small examples to illustrate. Recently, I was hosting a meeting with about fifty people on Teams, and someone at the very beginning of the meeting said to me, «Mick, sorry, I can’t stay, but don’t worry, I sent my AI, Microsoft’s Copilot in this case, but it doesn’t matter, it will give me a summary of the meeting and then I can catch up.» And you think, wow, and thinking about it, I said to myself, he’s right. If the meeting is purely top-down, if there are 50 people in front of me, it’s only top-down, it can’t be collaborative, at least not as I planned. He might as well not come, he’ll save time. So this will push us to rethink the relationship with meetings, with collaboration. Another example, more and more, especially when there are well-developed tools in the company, we will see people who prefer to ask an AI about a company process, about a product feature they don’t know, about a technical point of the product they don’t master, especially juniors. They prefer to ask the AI rather than asking one of their more senior colleagues. Why? Because the AI will never judge. You will never be afraid that the AI will think you’re an idiot for the question you’re going to ask. Yes. Or that the colleague is not available… but this will raise big questions for the company because there is what is called the knowledge chain in the company, and the knowledge transmission chain is somehow changing. Will it be better or worse? I don’t know. In my opinion, that’s not the question. But we really need to be aware that it will transform and that many processes, including collaborative ones in the company, will also be shaken up by AI. And again, we need to seize it, and this will be a concern, in my opinion, for managers, as you said, but also for HR, who must fully take their part in this transformation of how the company operates. |
| [Que fait Orange sur ce sujet ? / What does Orange do on this subject?] Journalist: C’est passionnant. Alors moi Orange, je croyais que c’était le téléphone mobile, les réseaux, l’infrastructure. Pourquoi ? Enfin, pourquoi je le comprends ? Mais vous faites autre chose parce que je alors je pense que le ch c’est possible et impressionnant. On vous voit pas tellement sur ce sujet-là. Mick Lévi: Non, c’est sûr qu’Orange est très reconnu sur son domaine historique qui est tout le domaine globalement des télécom et qui reste un domaine évidemment très fort chez chez Orange. Alors moi je parle plutôt de la place d’Orange Business donc la partie entreprise et chez Orange Business effectivement on a deux branches donc celle qui s’occupe du télécom pour les entreprises qui est très connu et puis on a une branche qui s’appelle Digital Service et où on est spécialisé sur le fait de délivrer du conseil et des projets digitaux sur mesure pour nos clients. Donc on accompagne toutes les entreprises en France et parfois des très très belles entreprises pour mettre en place des IA, pour mettre en place des systèmes de big data ou de gestion des données automatisées à l’échelle de toute l’entreprise pour développer des applications web ou mobiles sur mesure, développer des intranets, aider ses entreprises à aller sur des nouvelles technologies notamment du cloud et donc on accompagne vraiment sur la transformation digitale dans son ensemble et on est 4000 en France, 7000 en Europe, réparti sur à peu près tous les pays et surtout avec un très très fort maillage sur le territoire français pour accompagner nos clients sur ces sujets et notamment évidemment sur le territoire français. Et de tout type toute taille d’entreprises ou uniquement les grosses ou non ? On accompagne toute taille d’entreprises alors parfois avec des production une PME de 30 personnes, je veux passer à l’IA, vous pouvez l’aider. On peut on peut aider et là notamment on va aider avec des outils qui sont qui sont prêts qui sont sur étagères. On parlait du Shadow AI tout à l’heure. On a un outil chez Orange, un produit chez Orange s’appelle Live Intelligence et qui est un produit qui permet d’accéder à toutes les grandes IA du marché, celles qui sont derrière chat GPT d’open AI, les IA Claude d’Anthropic, les IA de Mistral AI (il faut qu’on en parle aussi très belle start-up française qu’il faut soutenir), les IA Gemini de Google. En un en une seule interface, on peut accéder de façon sécurisée pour chaque entreprise à toutes ces IA là. et Orange garantit la confidentialité des échanges et le fait que tous les échanges restent en sécurité, quel que soit l’IA que tu choisis tant que tu passes par cet outil Live Intelligence. Donc on s’est dit il y a un énorme problème sur le Shadow AI qui va beaucoup toucher effectivement les plus petites entreprises parce qu’elles ont pas les moyens forcément d’aller se payer des licences des gros ou de se créer eux-mêmes leur leur système. Et donc là on a un système par abonnement et par utilisateur sur ce produit Live Intelligence qui va permettre d’accéder à toutes les IA, d’avoir une grande puissance d’accès pour tous les collaborateurs sur une tarification extrêmement simple. Bon, on va s’y mettre tout de suite. Allons-y. | Journalist: It’s fascinating. So for me, Orange, I thought it was mobile phones, networks, infrastructure. Why? Well, I understand why. But you do other things? It’s possible and impressive. We don’t really see you on this subject. Mick Lévi: No, it’s true that Orange is very well known in its historical domain, which is the entire telecommunications sector, and that remains a very strong domain at Orange. So I’m talking more about the role of Orange Business, the enterprise part. At Orange Business, we actually have two branches: one that handles telecom for businesses, which is very well known, and then we have a branch called Digital Service, where we specialize in delivering consulting and custom digital projects for our clients. So we support all companies in France, and sometimes very large ones, in implementing AIs, implementing big data systems or automated data management on a company-wide scale, developing custom web or mobile applications, developing intranets, helping companies move to new technologies, especially cloud. So we truly support the entire digital transformation, and we have 4,000 people in France, 7,000 in Europe, spread across almost all countries, and especially with a very strong presence across French territory to support our clients on these subjects, notably in France. And all types, all sizes of companies, or only large ones? We support companies of all sizes. A small business with 30 people, «I want to switch to AI, you can help?» We can help. And specifically, we help with tools that are ready-made, off-the-shelf. We were talking about Shadow AI earlier. We have a tool at Orange, a product called Live Intelligence, which is a product that allows access to all the major AIs on the market: those behind OpenAI’s ChatGPT, Anthropic’s Claude AIs, Mistral AI’s AIs (we should talk about them too, a very nice French startup that we need to support), Google’s Gemini AIs. In a single interface, each company can securely access all these AIs. And Orange guarantees the confidentiality of the exchanges and the fact that all exchanges remain secure, regardless of the AI you choose, as long as you go through this Live Intelligence tool. So we thought there is a huge problem with Shadow AI that will greatly affect smaller businesses because they don’t necessarily have the means to pay for licenses from the big providers or to create their own system. And so we have a subscription-based, per-user system for this Live Intelligence product that allows access to all AIs, providing great access power for all employees with extremely simple pricing. Well, let’s get to it right away. Let’s go. |
| [End of video] Journalist: Mick, merci. C’était passionnant. Euh voilà, je je trouve que ce sujet, on en parle beaucoup mais mais pas forcément avec les bonnes clés et j’ai appris au cours de cette interview énormément de choses. Je t’en remercie. Mick Lévi: Merci à toi de l’invitation. Journalist: Chers amis, j’espère que vous aurez apprécié cet éclairage qui était plus qu’un éclairage et je vous dis comme d’habitude à la semaine prochaine. | Journalist: Mick, thank you. It was fascinating. There you go, I find that this subject is talked about a lot, but not necessarily with the right keys, and I learned a tremendous amount during this interview. Thank you for that. Mick Lévi: Thank you for the invitation. Journalist: Dear friends, I hope you appreciated this insight, which was more than just an insight, and I’ll say to you, as usual, see you next week. |